Les pièges à moustiques : faisons le tour des grandes familles
Pièges anti-ponte, pièges électriques, pièges artisanaux : on fait le tour des familles de pièges à moustiques et de leur bon usage.
En bref
Il existe deux grandes familles de pièges à moustiques : les pièges anti-ponte (ou pondoirs létaux), qui capturent les femelles avant qu’elles ne pondent, et les pièges électriques, qui attirent les femelles en recherche d’hôte grâce à un leurre olfactif et parfois du CO2. Selon le rapport de l’ANSES publié en 2021, leur efficacité dépend d’une densité suffisante de pièges, d’une large couverture des habitations et d’une utilisation prolongée, en complément d’autres actions. Les deux types de pièges sont complémentaires et ne se positionnent pas au même endroit du jardin. La Mosqiteam vous accompagne pour bien les choisir et les associer aux autres leviers du plan anti-moustiques.
Vous l’avez compris, la lutte contre les moustiques à l’extérieur consiste à mettre en place une approche globale qui intègre différents éléments :
- Avoir les bons gestes au quotidien ;
- Utiliser les solutions naturelles ;
- Étendre la démarche au voisinage.
Il existe également des pièges à moustiques qui peuvent contribuer à réduire significativement leur nombre. On distingue deux principaux types de pièges :
- Les pièges anti-ponte, qui capturent les femelles moustiques et évitent qu’elles ne pondent ;
- Les pièges anti-moustiques, qui captent définitivement les moustiques. Dans cette famille, vous trouverez des pièges avec et sans CO2. Les pièges avec CO2 visent une meilleure efficacité : tout dépend de votre besoin.
L’association de ces deux types de piège est fortement recommandée. Nous vous expliquons pourquoi.
Installer des pièges à moustiques dans son espace extérieur
Attirer les femelles moustiques pour mieux les éliminer et réduire leur population dans votre jardin, sur votre terrasse ou près de votre piscine : c’est l’objectif de ces deux pièges.
Pourquoi les femelles ? Parce que ce sont les seules à piquer. Les femelles moustiques ont besoin d’un repas sanguin pour porter leurs œufs à maturité. Elles vont donc chercher à vous piquer avant d’aller pondre.
Les deux types de piège que nous vous présentons interviennent à deux moments différents du cycle de vie du moustique :
- Le piège anti-ponte agit au moment où la femelle cherche à pondre ;
- Le piège à moustique agit quand la femelle recherche un hôte pour le piquer.
Ils sont donc complémentaires et ne fonctionnent pas de la même façon.
Le piège anti-ponte (ou piège pondoir létal)
Les pièges pondoirs létaux visent les femelles en recherche d’un gîte pour pondre leurs œufs. Ils sont constitués d’un récipient rempli d’eau stagnante (idéalement de l’eau de pluie dans laquelle on a placé quelques feuilles) et imitent un lieu dans lequel la femelle moustique va venir pondre.
Ils piègent les femelles par divers moyens : support de ponte imprégné ou traité avec un insecticide, ou bandes collantes positionnées à l’intérieur du piège pour empêcher la femelle de ressortir. Ces bandes autocollantes sont des consommables qu’il faut remplacer régulièrement pour une efficacité optimale ; selon les marques, ces recharges ont une durée de fonctionnement de 2 à 4 semaines.
Ces pièges visent à réduire le nombre de femelles adultes avant qu’elles ne pondent. Comme elles sont piégées juste avant la ponte, ils limitent également le nombre de larves. Une femelle moustique pouvant pondre un grand nombre d’œufs, on imagine vite l’intérêt de les piéger à cette étape. Les larves peuvent aussi être tuées dans le piège par les résidus d’insecticides ou grâce à un grillage qui empêche l’émergence des adultes.
Attention : si ces pièges ne sont pas entretenus (changement d’eau régulier), ils peuvent eux-mêmes devenir des gîtes productifs en moustiques adultes.
Le rapport d’expertise collective publié en 2021 par l’ANSES donne des informations sur le niveau d’efficacité de ce type de pièges. Sur les pièges testés, il précise que :
- « Dans un contexte d’utilisation préventive, les pièges pondoirs létaux peuvent être efficaces pour réduire les populations de moustiques Aedes s’ils sont déployés avec une densité minimale de 1 à 3 pièges par maison (selon les pièges, la taille des jardins et la végétation), une couverture supérieure à 60 à 80 % des habitations selon les contextes, et une durée de piégeage dépassant les 3 semaines. »
- « L’utilisation des pièges pondoirs létaux est d’autant plus efficace qu’elle est combinée à d’autres actions dans le cadre d’une stratégie de lutte anti-vectorielle intégrée, en particulier des interventions de contrôle larvaire. »
L’action combinée est toujours le meilleur conseil que nous pouvons vous donner : les pièges seuls ne suffisent pas.
Le piège à moustique (ou piège à femelles en recherche d’hôte)
Le second type de pièges attire les moustiques femelles en recherche d’hôte en imitant la respiration humaine. Pour cela, le piège diffuse :
- un leurre olfactif ;
- et/ou du gaz carbonique (CO2), par exemple en simulant l’odeur corporelle humaine avec de l’acide lactique.
Le leurre et le CO2 sont des consommables qu’il faut remplacer régulièrement pour une efficacité optimale. Selon les marques et les niveaux d’utilisation, leur consommation peut varier ; la durée des recharges est spécifiée par les fabricants.
Contrairement aux pièges pondoirs dits « passifs », ceux-là sont dits « actifs » car ils ont besoin d’électricité pour fonctionner. Une fois attirées à proximité du piège par le leurre (ou le leurre associé au CO2), les femelles moustiques sont aspirées par une ventilation électrique.
L’efficacité de ces pièges a également été analysée dans le rapport de l’ANSES de 2021. Les travaux d’Akhoundi et al. (2018) et d’Englbrecht et al. (2015) montrent que l’utilisation continue de plusieurs pièges à femelles en recherche d’hôte peut réduire de manière significative la densité d’Aedes albopictus et le taux de piqûre en environnement urbain, en quelques semaines.
En synthèse, le rapport souligne « l’intérêt des pièges pondoirs létaux et des pièges à femelles en recherche d’hôte pour réduire les populations de moustiques Aedes dans un cadre préventif. Leur efficacité apparaît d’autant plus importante que leur utilisation s’intègre dans une stratégie globale associée à des interventions de mobilisation sociale et de contrôle larvaire. »
Nous ne présentons pas ici les pièges qui diffusent de la lumière (lampes anti-moustiques) : contrairement à une idée reçue, la lumière n’attire pas les moustiques.
Réaliser un piège soi-même
Ces pièges artisanaux sont faciles à faire chez soi. Vous pouvez par exemple utiliser une bouteille en plastique dans laquelle vous placez un mélange de levure de boulanger et d’eau sucrée. En générant du CO2, ce mélange attire naturellement les moustiques dans la bouteille. Pour rester efficace, il faut penser à le renouveler régulièrement. À tester, afin de valider l’efficacité de ce type de piège chez vous.
Où placer son piège à moustiques ?
Pour qu’il soit efficace, vous devez choisir le meilleur emplacement pour votre piège. Attention : votre piège électrique et votre piège anti-ponte n’agissent pas de la même façon, il ne faut donc pas les positionner aux mêmes endroits.
Pour les pièges à moustiques électriques
Choisir une zone où vous trouvez régulièrement des moustiques. Ce n’est pas dans la zone que vous souhaitez protéger qu’il faut le placer, mais plutôt là où se trouvent les moustiques.
Le positionner à l’ombre, sans le cacher sous une plante ou un bosquet. Les moustiques aiment l’ombre car ils craignent la déshydratation ; il ne faut donc pas placer le piège au soleil, ni le camoufler sous un feuillage, car le moustique doit voir le piège. Ils se réfugient dans les zones humides et ombragées : c’est à proximité des massifs, des haies et des feuillages qu’il faudra le positionner.
Le placer à l’abri du vent. Les moustiques ont horreur du vent : il déstabilise leur vol et ils peinent à voler s’il est trop fort.
Pour les pièges à ponte
Contrairement aux pièges électriques, mieux vaut placer vos pièges à ponte à proximité de vos zones de vie, là où vous vous faites le plus souvent piquer. Juste après vous avoir piqué, le moustique va chercher à pondre : autant qu’il trouve facilement le piège à ponte, à proximité ! Vous pouvez par exemple le placer près de la terrasse, de la piscine ou du potager, ou encore là où vous placez vos pots de fleurs ou étendez votre linge. N’hésitez pas à tester différents emplacements pour déterminer le plus efficace.
Quelques points complémentaires
- Les haies de bambous, esthétiques et pratiques en brise-vue, sont des zones très attractives pour les moustiques tigres. Les feuilles mortes au sol servent de gîtes larvaires en retenant l’eau après un orage.
- Attiré par le gaz carbonique que nous dégageons en respirant, le moustique tigre peut parcourir jusqu’à 50 m (davantage pour d’autres espèces). Il n’est donc pas nécessaire de placer le piège tout près de la zone à protéger.
- Placer le piège entre la zone de reproduction du moustique et la zone à protéger est toujours pertinent : le moustique passera près du piège avant d’arriver là où vous cherchez à être tranquille (par exemple, au plus près d’une piscine à l’abandon chez un voisin).
- Dans un jardin, l’emplacement idéal relève souvent d’un compromis : n’hésitez pas à déplacer le piège et à tester plusieurs positions. Dans tous les cas, privilégiez l’ombre.
Questions fréquentes
Quels sont les différents types de pièges à moustiques ?
On distingue les pièges anti-ponte (pondoirs létaux), qui capturent les femelles avant la ponte, et les pièges électriques, qui attirent les femelles en recherche d’hôte grâce à un leurre et parfois du CO2.
Les pièges à moustiques sont-ils efficaces ?
Selon le rapport d’expertise collective de l’ANSES (2021), leur efficacité est réelle mais dépend d’une densité suffisante de pièges, d’une couverture large des habitations et d’une utilisation de plusieurs semaines, associée à d’autres actions.
Où placer un piège à moustiques électrique ?
À l’ombre, sans le cacher sous un feuillage, à l’abri du vent, et plutôt dans une zone où les moustiques sont déjà présents que dans la zone à protéger.
Où placer un piège anti-ponte ?
Près des zones de vie où vous vous faites le plus piquer (terrasse, piscine, potager), car le moustique cherche à pondre juste après vous avoir piqué.
Peut-on fabriquer soi-même un piège à moustiques ?
Oui : une bouteille en plastique avec un mélange de levure de boulanger et d’eau sucrée génère du CO2 qui attire les moustiques. Le mélange doit être renouvelé régulièrement.
Faut-il combiner plusieurs types de pièges ?
Oui : pièges anti-ponte et pièges électriques interviennent à des moments différents du cycle de vie du moustique. Leur association est recommandée pour de meilleurs résultats.
Sources
- ANSES (2021), Rapport d’expertise collective sur l’efficacité des pièges à moustiques.
- Akhoundi et al. (2018) ; Englbrecht et al. (2015), études sur l’efficacité des pièges à femelles en recherche d’hôte.
Rédigé par la Mosqiteam